Le business expliqué en images, en détail. Je loue cinq jet-skis par abonnement à des Polynésiens qui ont déjà leur permis mer. Ils payent tous les mois, je roule quand je veux, et la flotte m'appartient.
Un jet-ski neuf coûte près de trois millions, plus la remorque, plus la place, plus l'entretien, pour une machine qui sert vingt jours par an. C'est exactement le genre d'objet qu'on partage. Personne ne le propose ici.
Le texte qui encadre les jet-skis en Polynésie sépare deux régimes. La différence entre les deux, c'est tout le business.
Les mots guide, brevet, accompagnateur et surveillant apparaissent zéro fois dans le chapitre sur la location. Ils ne sont que dans le chapitre sur le convoi, qui n'existe que parce que le touriste n'a pas de permis.
Ce que ça change, en argent : pas de guide à 3,78 millions par an, pas de plafond à quatre machines, et je n'ai pas besoin d'être sur l'eau pour que ça tourne. Donc j'y suis quand je veux, pas quand il faut.
Tout repose sur le permis mer. Il est obligatoire sans exception, je dois afficher permis bateau obligatoire sur un panneau en français et en anglais, et le texte m'interdit d'écrire les mots location sans permis où que ce soit. Je l'ai longtemps vu comme une contrainte. C'est en fait le seul levier qui fabrique mes propres clients au lieu d'en prendre à un concurrent.
Je rembourse donc le permis à mes membres, 2 500 XPF par mois sur douze mois, et seulement après obtention. Un permis coûte entre 22 000 et 38 000 XPF selon l'école. Aucun club de jet-ski au monde ne le fait.
Le vivier ne vient pas d'un stock figé. Dans le cahier des charges de son propre marché public, la direction des affaires maritimes écrit que 1 500 personnes se présentent chaque année pour obtenir leur permis. Ce sont des gens qui viennent de dépenser trente mille francs et deux week-ends pour avoir le droit de piloter quelque chose qu'ils ne possèdent pas. C'est le meilleur moment de leur vie pour leur parler de moi.
Chiffres officiels : 8 000 XPF de timbres fiscaux payés au Pays, deux timbres, 2 500 à l'inscription et 5 500 à la délivrance. Le reste est du prix d'école, libre.
Je ne deviendrai pas école moi-même : le bateau qui sert à l'examen doit mesurer au moins 4,50 m et protéger de la chute à l'eau sur 60 cm, ce qu'un jet-ski ne fait pas. Il faudrait acheter un bateau qui ne loue rien. L'école reste donc un partenaire, jamais une activité. Le détail du parcours, les quatorze écoles et leurs tarifs sont dans le dossier complet.
C'est la première question que tout le monde pose : cinquante personnes pour cinq machines, ça ne coince pas ? La réponse est oui, mais à un seul moment de la semaine.
En moyenne la capacité est largement suffisante. Personne ne veut sortir le mardi à quatorze heures. Mais tout le monde veut le samedi matin, et le samedi matin n'existe qu'en cinq exemplaires.
C'est pour ça que l'accès illimité est impossible, et aucun club au monde ne le propose. Ils vendent tous un nombre de sorties par mois, avec un quota week-end séparé du quota semaine.
Trois créneaux par jour et par machine, check-in compris. C'est la durée du seul club de jet-ski qui publie la sienne, à Majorque.
Elles se renouvellent dès qu'une sortie est consommée. Sans ce plafond, un membre motivé bloque tous les samedis de la saison dès son inscription.
Deux clubs de jet-ski indépendants tombent sur le même chiffre, et Majorque le garde à deux même sur sa formule haute où tout le reste double. C'est le seuil stable du métier.
Trente minutes de grâce, puis prélèvement. Un créneau raté prive deux autres membres. Chez les Américains c'est entre cinq et onze mille francs.
Il n'y a ni ancienneté, ni file d'attente, ni tirage au sort. Ça n'existe nulle part dans le métier. Premier arrivé, premier servi, et les quotas font le travail.
Aucun droit d'entrée. Une caution de 50 000 francs, remboursable. Ce montant est contesté : il représente 2 à 3 % de la valeur d'une machine quand la norme du secteur est de 10 à 25 %, et il couvre à peine une coque percée. La sortie est probablement une empreinte bancaire non encaissée sur un montant élevé, plutôt qu'un encaissement réel sur un montant faible.
La formule premium finance les autres : une machine haut de gamme se loue plus cher, donc elle paye les machines d'entrée de gamme. Et elle reste très en dessous du marché mondial, où l'abonnement Sea-Doo tourne entre 82 000 et 102 500 francs par mois.
Le carburant n'est pas dans ce tableau, et c'est le point le plus important. Dans un club, le membre fait son plein lui-même. Dans le modèle touristique que j'avais étudié d'abord, le carburant dévorait 33 000 francs par sortie. Ce seul basculement change la nature du business.
Je portais un forfait de 600 000 francs par machine et par an. Il ne tient pas. L'entretien n'est pas un forfait, c'est une fonction des heures moteur : environ 150 000 francs à 150 heures, 256 000 à 300, 390 000 à 500. Et le stockage, que j'avais glissé dans le même forfait, coûte à lui seul autant que l'entretien.
La marge de la première année passe de 7,3 à 4,79 millions. Elle reste positive, et la mise se rembourse en vingt mois.
Entre le moins cher et le plus cher, l'écart sur cinq machines atteint 3,2 millions par an, soit plus de la moitié de la marge. C'est le premier arbitrage à faire, et il se joue avant l'achat des machines.
Je pensais l'avoir réglé : le guide des tarifs du port porte une ligne à 5 500 francs hors taxes par mois pour l'accès véhicule, remorque et plan incliné à la marina Taina, soit 66 000 francs par an pour toute la flotte. La marina a répondu non le 8 septembre 2026.
Deux motifs, et le second ne se négocie pas. Le site est saturé : trois restaurants, deux centres de plongée, dix prestataires de loisirs et un club d'aviron, avec des parkings et des zones de manœuvre déjà pleins. Et surtout, leur formule à 5 500 francs est « strictement réservée à un usage de plaisance privatif et individuel ». C'est exactement la clause que j'avais repérée dans leur règlement intérieur et que j'espérais faire lever. Elle ne se lève pas.
L'économie survit à ça. Même en payant le ponton dédié à 17 500 francs par machine et par mois, soit 1 050 000 par an, la marge resterait autour de 3,7 millions. Ce n'est pas le prix qui bloque, c'est qu'il n'y a plus de lieu. Il reste deux pistes : la rampe publique du parc de Taapuna à Punaauia, et le port autonome, propriétaire du site de Taina, qui a transmis ma demande à son service du domaine.
Faa'a n'a aucune rampe publique, vérifié par trois méthodes indépendantes. Son seul accès à l'eau est privé, la base nautique de l'hôtel, d'où opère déjà l'unique loueur de la commune. L'endroit le plus ouvert réglementairement est celui qui n'a pas d'infrastructure : on exerce à Faa'a, on met à l'eau à Punaauia.
Le port à sec est écarté malgré son prix : le forfait comprend quatre mouvements d'élévateur par mois, puis 3 300 francs l'unité et le double le dimanche. Trois créneaux par jour en demandent jusqu'à quatre-vingt-dix par mois. La seule voie praticable est la remorque, ce qui ramène le rinçage et l'entretien de la remorque à la charge du club.
C'est le renversement le plus utile des recherches. J'ai relevé les grilles tarifaires de deux concessionnaires polynésiens et reconstitué cinquante-six annonces réelles d'occasion. Mes deux chiffres étaient faux et ils s'annulaient : le neuf était surestimé de 810 000 francs par machine, l'occasion sous-estimée de 600 000. Et j'avais oublié les remorques.
Une machine neuve d'entrée de gamme coûte 1 990 000 francs chez le concessionnaire. Une occasion se demande 1 700 000 en médiane sur le marché réel. Autant dire que l'occasion n'a presque plus de sens : pour 290 000 francs de plus on a du neuf sous garantie au lieu d'une machine de dix à quinze ans.
Et l'aide fait le reste. Elle porte sur le neuf et sur les dépenses hors taxes, plafonnée à trois millions. Avec deux machines neuves on ne touche que 1 715 000, avec cinq on sature le plafond. Passer à cinq neuves coûte 870 000 francs de plus mais rapporte 1 285 000 d'aide en plus : il faut trouver 415 000 francs de moins.
Rien ne s'achète avant le dépôt du dossier. Le texte de l'aide exclut toute dépense engagée avant. Acheter une machine trop tôt coûte trois millions d'aide.
Il ne faut pas importer. Le meilleur import possible, depuis la Nouvelle-Zélande, revient à environ 2 290 000 francs rendu à Papeete : quinze pour cent plus cher que le Kawasaki neuf acheté à Arue, sans garantie locale et avec un risque documenté de refus d'immatriculation.
Le vrai risque n'est pas de revendre moins cher, c'est de ne trouver personne à qui revendre. Au premier septembre 2026, quatre plateformes d'annonces polynésiennes affichaient zéro annonce de jet-ski, et la cinquième en écoule environ neuf par an. Revendre cinq machines d'un coup sur ce marché n'a rien d'évident.
Un abonnement mensuel se résilie en novembre, quand il pleut. Un pass de six mois payé d'avance couvre exactement la saison, et il est encaissé avant qu'elle commence. Six mois à moins dix pour cent, douze mois à moins dix-huit.
L'optimum n'est pas là où on l'attend : vers la moitié des membres. Au-delà, la remise coûte plus cher que ce que la fidélité rapporte. Un pass proposé, jamais imposé.
C'est la réponse la plus simple au problème central : profiter de mes machines sans me mettre en faute.
Les machines haut de gamme restent dans la flotte. Je prends un abonnement premium comme n'importe quel membre, avec la priorité de réservation. Je roule sur la belle machine quand je veux, elle reste subventionnable et amortissable puisqu'elle est vraiment exploitée, elle rapporte quand je ne suis pas dessus, et l'argent de mon abonnement rentre dans ma propre société. Il ne sort pas de mon patrimoine, il change de poche.
L'aide publique devient remboursable en totalité si le matériel sert à autre chose que ce qui est déclaré. Se servir à titre privé d'un bien qui appartient à la société, le fisc appelle ça un avantage en nature, et il faut le déclarer comme un revenu. Et une machine assurée pour un usage mais utilisée pour un autre, c'est la garantie qui tombe le jour de l'accident.
Le vrai luxe reste le même de toute façon : avec cinq machines, je sors à cinq. Un propriétaire de jet-ski sort seul, ou paye la location pour ses amis.
Gérant. Réservations, logiciel, adhésions, comptabilité, relation avec les membres.
exposition complète, assuméeAssocié apporteur, sans fonction de direction. Présence terrain, check-in, entretien avec son père mécanicien, solidité du dossier bancaire.
limitée à son apportLe mécanisme qui transfère la responsabilité pénale à celui qui tient le terrain exige un lien de subordination : un patron délègue à son subordonné, pas un associé à son égal. Entre nous deux, elle ne vaut rien, dans aucun sens. Seul un salarié réel peut la recevoir, et à cinq machines ce poste n'existe pas encore.
Et l'inverse ne marche pas non plus. Moi associé sans titre, lui gérant en façade : développer le logiciel, gérer les membres et décider au quotidien fait de moi un dirigeant de fait, avec les mêmes peines, et un back-office laisse les preuves les plus faciles à produire. J'assume d'être le gérant, c'est gratuit et ça ferme la porte au procès du montage.
Un seul point à surveiller de son côté : sa protection tient tant qu'il n'arbitre pas. S'il se met à fixer les prix, décider des achats et embaucher, il devient dirigeant de fait à son tour et il perd cette protection sans rien gagner.
La loi locale de protection des consommateurs rend non écrites les clauses qui suppriment ou réduisent le droit à réparation du client. Le papier signé « je renonce à tout recours » ne vaut rien. Ce qui me défend, c'est de prouver que j'ai fait ce qu'il fallait, et le logiciel de réservation produit cette preuve tout seul à chaque sortie : déclaration signée et horodatée, permis en pièce jointe, photos d'état au départ et au retour, briefing coché nommément, carnet d'entretien par machine.
Le piège de l'assurance : le contrat plaisance grand public exclut la location, écrit noir sur blanc, et l'extension jet-ski ne couvre que les randonnées accompagnées. Il faut une responsabilité civile professionnelle d'exploitation nautique, chez un courtier spécialisé. C'est aussi la pièce exigée pour obtenir l'agrément.
Trois choses, et il vaut mieux les avoir en tête avant de dépenser un franc.
Personne n'a jamais vendu ça en Polynésie, donc aucun comparable n'existe. 15 900 et 28 900 sont des hypothèses, et toute l'économie repose dessus.
l'inconnue n°1Aucun devis réel pour cinq machines en location commerciale ici. Deux recherches indépendantes ont échoué. Les prix vus en ligne concernent des machines privées.
un appel à passerAucun club de jet-ski au monde ne publie le sien. Ce chiffre vient du bateau. Je pars dessus faute de mieux, en auditant le remplissage chaque mois.
empruntéUne page qui présente le club et ses tarifs, de la publicité ciblée sur les Îles du Vent, et je mesure les pré-inscriptions réelles à plusieurs niveaux de prix. Le seuil est arithmétique : il faut cinquante membres. Si une campagne sérieuse n'en rassemble pas une dizaine en intention déclarée, le marché a répondu, et la réponse aura coûté une page web au lieu de neuf millions.
Les cinq étapes, dans l'ordre, avec les numéros à appeler et la phrase exacte à dire. Chaque étape a une porte : tant qu'elle n'est pas franchie, la suivante ne coûte rien.
à comprendreCe qui a déjà été tranché et pourquoi : qui paye les 10,95 millions, où la flotte va à l'eau, la forme juridique, les onze leviers, et les six erreurs les plus chères.
à manipulerSept curseurs, et tout se recalcule. Change le nombre de membres, le prix, le loyer, la part de pass, et regarde la trésorerie sur trois ans bouger.
à fouillerLe détail de tout, avec les sources. Le droit, les aides, les lieux, ce qui a été écarté et pourquoi, et les réserves.